Mon histoire, ma différence, l’anorexie et ma force

J’avais envie de t’écrire mon histoire, sans filet ! Cela complète la page “mon parcours” avec plus de détails !

Sans filtre, j’aimerai te raconter mon histoire. Pas par égocentrisme. Au contraire, j’aime beaucoup connaître l’histoire des auteurs des blogs que je lis. Cela permet de s’identifier ou, au contraire, découvrir une personnalité différente de la sienne.

EDIT JUIN 2020 : Je te propose un retour en images sur mes 4 dernières années sur instagram

Une longue histoire :

enfance, anorexie , médecine, renaissance

 

Avant de commencer, juste un concept que j’aurai aimé apprendre à l’école :  

Lorsque l’on ouvre un nouveau chapitre de sa vie, le dernier est bel et bien là, gravé quelques pages avant.

En fait, j’ai longuement essayé de tirer un trait sur le passé !

Néanmoins, la meilleure solution est d’en faire une force, une motivation et la plus belle des leçons !

Moi petite

2 ans

moi petite

3 ans

 

 

 

 

 

 

 

 

Il était une fois mon histoire …

J’ai grandie paisiblement dans un petit village entouré de la foret. Un papa, une maman, un grand frère, des copains copines… Certes une famille avec de gros différents familiaux mais ce n’est pas rare me diras tu ! Mais rien de vraiment traumatisant de prime à bord! … Pourtant, j’avais le sentiment de ne pas être réellement aimée. Ressenti d’enfant erroné (manque d’affection mal interprété ?) ou vérité ? Quoi qu’il en soit, je n’étais pas malheureuse mais je ne me sentais pas à ma place.

Cela peut paraître anecdotique mais être première de classe n’est pas toujours facile socialement parlant. D’autant plus, lorsque l’on est déjà très timide. En outre, j’étais une enfant assez sage, patiente (des heures et des heures de puzzle), rêveuse, rigolote. J’adorais la nature, le vélo, la danse, les gâteaux (au choooocolat), la lecture et l’école.

Le coté obscur de l’histoire

Vers 12-13 ans grosse crise intérieure ! Les réflexions, les magazines retouchant toutes les mannequins et parlant sans cesse de régime, les recherches internet s’enchaînent ! Mon sentiment d’être différente grandit ! J’ai aussi besoin de prouver que je peux faire autre chose que “juste réussir à l’école”. Sans parler des blessures de l’âme qui s’expriment de + en + …

Alors, j’entame un régime. Pour ressembler à ma maman qui ne cesse de répéter qu’elle faisait 1m68 pour 48kg durant très longtemps. Ressembler enfin à certaines de mes copines. Ou encore, réussir quelque chose que personne ne semblait arriver à faire ! En effet, la perte de poids tout le monde en parler autour de moi mais peu y arriver ! Je savais que je pouvais le faire !

Pourtant, je ne pesais que 48kg pour 1m62* ! Ainsi, comme toujours, avec perfectionnisme, assiduité et contrôle, les kilos défilèrent jusqu’à un poids très alarmant de 37kg en quelques mois.

Malheureusement, tout cela ne fit finalement réagir mes proches qu’après un an. C’est pour cela qu’il est très important d’en parler avec tous, à tout âge, pour prévenir et agir tôt ! 

(* si je communique les chiffres ce n’est pas par fierté ou « exhibition », loin de là. C’est pour te donner une idée de la résistance du corps mais surtout des conséquences et dangers qui en découlent)

 

Début de la “prise en charge” 

Un an après, je suis alors suivie à la maison de Solenne à Paris où aucune place n’est dispo en hospitalisation longue. Je ne vais plus beaucoup en cours à mon grand désespoir. Me voilà hospitalisée 2 mois et demi dans l’hôpital le plus proche. La prise en charge n’était pas mauvaise mais inadaptée comme dans beaucoup d’endroits … les petits hôpitaux n’étant pas vraiment formés aux troubles du comportement alimentaire (TCA). D’autre part, les centres spécialisés enferment les malades de TCA ensemble en les privant de contact avec l’extérieur ce qui, à mon sens, est une ineptie ! Ce sont souvent des personnes déjà assez renfermées et qui se sentent différentes ! Elles ont besoin de se reconnecter à elle-même. Et par dessus tout, d’être confrontées à l’extérieur et d’être entourées par leurs proches (familles et AMI.ES)

Rétrospectivement, je pense que ses 2 mois et demi ont été un déclic (maladroit certes), restent gravés dans ma mémoire et me permettent d’avancer.

A la sortie d’hospit, psychologiquement ce n’était pas le top puisque j’avais repris du poids sans vraiment y être préparée… ! Bref, je reperds, reprends etc. Puis, je trouve une motivation inattendue en décidant d’aller dans un lycée où je ne connais personne. Je ne côtoierai plus certains de mes camarades qui ne me comprennent pas et me mettent de côté ! Un nouveau départ ?!

–> L’espoir d’une plus belle histoire !

Le lycée se passe donc admirablement bien.

Edit 2019-2020 : Etant désormais vraiment guérie, je sais désormais qu’un reste d’anorexie demeurait au lycée. Par exemple, je m’octroyais quelque chose « d’interdit » assez rarement.  Et je ne pesais  que 48kg pour 1m68 c’est à dire mon poids initial mais avec 6cm de plus … tiens tiens comme ma maman … mais histoire à suivre …

Après 3 années plus tranquilles …

J’entame des études de médecine. C’est difficile, éprouvant et suite à “l’échec” de la première année,  je redouble. Je passe alors 90% de mon temps à réviser pour pallier à cet “échec” qui m’a détruite psychologiquement…. Je réduis de plus en plus mon temps en cuisine et surtout mes repas, sans parler de mon absence de vie sociale et ses conséquences sur le psychisme, les émotions et le bonheur tout simplement !

 

En 2e 1ère année (PACES), je perds déjà un peu de poids et les troubles digestifs que j’ai depuis petite (à cause, entre autres, de nombreux antibiotiques pour « soigner » des otites à répétition et surtout un mal-être très profond) s’amplifient. J’arrête le gluten ce qui me soulage. C’est mieux mais je craque souvent sur du gluten et je mange encore des produits laitiers. Par dessus tout, je me sens toujours différente et mal intégrée et  ne m’accepte plus à nouveau ! Bref, une histoire pas très reluisante.

Edit 2020 :

Au lycée je jouais un rôle très artificiel. Je le sais désormais mais au lycée et ensuite en médecine je n’en n’avais pas conscience ! Durant ses études, il devenait difficile de maintenir ce rôle (beaucoup de révisions, peu de temps pour me préparer…). Donc je perdais le contrôle de l’histoire que je m’étais inventé pour être enfin acceptée ! Heureusement me diras tu, puisqu’il s’agissait de qlq chose de très faux ! Mais je ne savais pas qui j’étais et j’en souffrais donc beaucoup ! 

 

La descente aux enfers 

En 2e année, je ne vais plus à la bibliothèque universitaire car trop de douleurs et besoin d’avoir les toilettes pas loin … et je n’aime pas l’ambiance des soirées médecines … bref je vois seulement un peu mes meilleures copines. Les rares soirées auxquelles je me forcent à aller m’infligent un stress supplémentaire (du fait de ne pas travailler), m’agacent et je préfère rentrer tôt. Je passe donc mes soirée à réviser et à “m’informer” sur ce que je dois ou pas manger … Je décide d’arrêter vraiment le gluten ce qui me soulage véritablement (au niveau digestif mais aussi des maux de tête, douleurs musculaires et problèmes cutanés)

Parallèlement, je réalise de plus en plus que la médecine me passionne mais que les méthodes d’enseignement et la pratique moderne ne me conviennent pas… mon cerveau ne sait plus où donner de la tête… et quand j’ai envie de faire une pause … je fais du sport (beaucoup), je sors marcher, « m’informe » sur les valeurs nutritionnelles des aliments, leurs “bienfaits” et “méfaits”, encore et encore pour savoir ce que je peux et surtout ne peux pas avaler !

Ainsi étant constamment occupée et à 10000 à l’heure, j’évite de penser à mes inquiétudes concernant la médecine et ma vie sociale. Dès que je me repose mon immense fatigue et brouillard mental surgissent mais je refuse de les écouter.

 

Problèmes de santé en pagaille 

Mes troubles digestifs sont incompris par le corps médical. Aujourd’hui, je sais qu’ils sont en partie liés à mon très faible poids à ce moment. J’entame alors, sans suivi, le régime fodmaps.

Un régime “médical” sans sucres fermentescibles que l’on trouve pourtant partout : fruits, légumes, certaines céréales, oléagineux… Bref je pèse tout. Comme j’ai une liste restreinte d’aliments autorisés je mange encore moins et toujours pareil. Le comble ? je cumule avec la dissociation alimentaire (= pas de protéines fortes avec des céréales, pas de fruits aux repas)… DE PIRE EN PIRE ! Je perds tout plaisir et pense nourriture = chiffres !

Conseils si tu veux vraiment faire le régime fodmaps :

  • Fais le sur recommandation médicale
  • Sois très encadré
  • 2-3 semaines maxi
  • Evite à tout prix les groupes facebook et personnes qui le prônent sur instagram.

J’avais, certes, déjà un problème avec l’alimentation mais ce régime m’a apporté énormément de carences et ôté toute ma joie de vivre

Je fais alors 37kg. Je finis par être suivie à St Anne à Paris. Ils veulent m’hospitaliser. En effet mon état est très inquiétant. Pendant ce suivi  je suis contrainte d’aller aux urgences pour anémie sévère. Je reçois alors une transfusion sanguine. Puis, les médecins me découvrent une déficience rare de la moelle osseuse. Qui s’ajoute alors à mes nombreux problèmes  (digestifs, ostéoporose, malaises …).

Seulement je refuse d’être hospitalisée pendant 1 an loin de tout. Particulièrement, car arrêter mes études était inconcevable. Je pensais en effet, à tort, qu’il s’agissait de la seule chose que je réussissais dans la vie !

Je réalise enfin que j’ai failli mourir, que mes malaises à répétition (que je cachais), que mes innombrables douleurs et ma tension à 6 n’ont rien de normal … JE SENS QU’IL FAUT AGIR ! 

 

Les déclics, les vrais 

Alors, je fais de l’hypnose. La 2e séance est très éprouvante mais salvatrice. Le thérapeute réussi à me dire ce qu’il fallait que j’entende. (Depuis, je sais que mes TCA viennent entre autres de souffrances d’enfant, d’une non acceptation de moi par moi via ce que l’on me répétait et d’une histoire familiale transgénérationnelle)

 

J’entame difficilement le 2e semestre de 3e année de médecine. Cela me plait mais me fait peur.  En effet, je ne me projette plus. Je ne peux arrêter car étant donné mon état de santé, je crains qu’on ne m’accepte nulle part ailleurs. J’arrête le sport et fais déjà de gros efforts pour remanger. Mais, entre les cours, les révisions et journées de stages, j’ai du mal à manger autant que mon corps le voudrait !

Finalement en mars, je pars 5 jours à Amsterdam. Je redécouvre le bonheur de vivre ! Même sans y avoir fumer quoi que ce soit, je décide de décrocher enfin un peu des cours ! Je me mets à cuisiner à nouveau (à pâtisser surtout) et deviens vegan comme je le voulais depuis longtemps. Quel bonheur de cuisiner et de se faire plaisir avec des produits que j’aime ! (Sans parler de la purée de cacahuètes dont je tombe amoureuse mais je pourrais faire un article entier là-dessus !)

 

GUERIR AU QUOTIDIEN

Je me fixe alors un petit challenge chaque jour (alimentaire, plus de repos …). J’affiche partout dans mon appart mes objectifs et des citations inspirantes. J’en discute avec des amies proches. Je retrouve le bonheur de pouvoir jouer avec ma cousine (qui a alors 7 ans) ! Enfin, je reprends un peu de poids ! 

 

Tips pour personne atteinte de TCA 

Il faut être assez inventive pour se motiver à guérir. Chaque affiche qui te donne envie, fais la, chaque routine qui te fais du bien, fais la, chaque chanson que tu aimes, écoute la en boucle …Par exemple, j’écoutais “le festin” du film Disney “Ratatouille” très souvent avant de manger pour m’ouvrir l’appétit. Cela parait insignifiant voir bête ? Pourtant, dans un tel combat chaque action possible n’est pas à négliger ! 

 

S’Arrêter pour mieux repartir

Après un été à travailler, je suis très fatiguée et encore moins motivée pour continuer médecine. D’autant que j’ai profité des derniers mois pour me documenter en développement personnel.

Je sens que je ne suis toujours pas à ma place (retour à la case départ, car la maladie agit souvent comme un rappel à l’ordre).

De septembre à décembre je vais très souvent à Paris le week end pour m’échapper de cette vie qui ne me convient plus. De plus, je cuisine dans la nuit malgré la fatigue, comme pour remédier à des journées qui ne me comblent pas.

 

En décembre, j’affiche uniquement 2kg de + que 3 mois auparavant, je mets donc fin à mes études pour réaliser mon rêve. Devenir entrepreneur.

Je décide en premier lieu qu’il est temps de prendre du poids !

Pour de vrai et pour rayonner plus tard !

 

Ainsi, je reprends du poids rapidement, retrouve de l’énergie et surtout de la joie de vivre. Je me sens plus vivante que jamais et de plus en plus alignée avec mes valeurs. Je suis en pleine période de flou professionnel et de test mais j’avance.

C’est ça être en pleine santé et sur la voie du bonheur non ?

Le bonheur d'aller au restaurant

Restaurant brEAThe à Paris, 07/2019

 

Ce que la maladie m’a enseignée ! 

Je ne dirais donc pas que l’anorexie m’a détruite mais plutôt qu’elle m’a permis de déconstruire pour mieux reconstruire.

J’ai ainsi beaucoup appris sur moi, même si je n’en suis qu’au début !

 

les grandes ligne de la suite de l’histoire ? 

M’écouter, respirer, bouger en harmonie avec mon corps et mon cœur, manger pour vivre et me faire plaisir ! 

Tentant non ?

Je ne dis pas que c’est aisé, loin de là, mais en y travaillant, on y tend !

 

J’espère que cet article t’auras plu ! A toi de partager ton expérience en commentaires ! (0% jugements, 100% bienveillance ici !)

A partager avec quelqu’un qui a des TCA, est mal dans sa vie ou juste intéressé par le bonheur !

 

Bonne journée / soirée les petites cacahuètes <3

 

PS : Je n’ai évidemment pas ajouté certaines étapes douloureuses de la vie qui n’ont fait qu’amplifier mes problèmes. Chaque expérience (négative voir positive) n’est pas à prendre à la légère. Elle eut raviver le trouble d’une personne non guérie. Je n’ai pas non plus parlé de thérapies. Le psychiatre que je voyais étant ado m’avait pas mal aidé ! Mais je n’étais pas prête à aller plus loin et mon entourage non plus surtout. Bref l’article est déjà assez long comme ça. Ce long résumé a, de toutes façons, comme objectif d’aider et informer ! 

2 replies on “Mon histoire, ma différence, l’anorexie et ma force

  • Clea

    Ton article est tellement, tellement inspirant.
    MERCI. De prendre le temps de partager ça. Tes faiblesses, tes combats, tes projets. Tu peux être fière de tout ce que tu as parcouru et de toutes les belles choses que tu vas faire. Je ne doute pas que le monde va gagner une super entrepreneure dans la vegan food.

    Répondre

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