Boulimie, de la conscientisation à la guérison

Nouvel article sur les TCA suite à un sondage fait il y a 2-3 semaines sur instagram. Cette fois nous parlerons de boulimie, pas d’anorexie. Une autre maladie méconnue et stigmatisée qui touche pourtant de plus en plus de femmes.

Dans la rubrique « mon parcours », j’évoque avoir fait face à la boulimie durant ma guérison de l’anorexie, comme une revanche de mon corps. J’avais très envie de parler de ce sujet et suis très heureuse de le faire via le témoignage de Océane. Elle a enduré la boulimie durant de nombreuses années et est désormais dans une démarche hyper authentique d’amour d’elle !

Océane nous prouve encore que tout est possible et que la réponse est à l’intérieur de nous !

Prépare toi un petit thé et découvre comment elle a fait de ces années destructrices une force hors pair !

 

Avant de commencer, petite précision que l’on m’a demandée sur insta :

  • La boulimie = crises avec ingestion compulsive de grandes quantités de nourriture avec sentiment de perte de contrôle ET comportements compensatoires (vomissements, laxatifs, sport, jeûne le/les repas suivants). Entraîne donc rarement une prise de poids mais amène/renforce une terrible mésestime de soi.
  • L’hyperphagie = crises de boulimie SANS comportements compensatoires. Cela entraine donc souvent une prise de poids et une grande souffrance psychologique (nourrie qui plus est par les moqueries etc)

 

Avant de parler boulimie, rencontrons Océane :

Alixe (créatrice de ce blog 😉 ) : “Bonjour Océane, je suis ravie d’échanger avec toi sur ton parcours physique et psychologique mais je ne préfère pas en dire plus et commencer par te laisser te présenter.”

” Bonjour à toutes. Je suis donc Océane j’ai 24 ans et viens de Albi. J’ai fait une licence en audiovisuel mais je suis passionnée par l’océan. Je voulais travailler dans l’univers du monde marin. Plus jeune, je souhaitais faire une école de soigneur animalier mais on m’a conseillé vétérinaire et finalement je suis allée en fac de bio. Je n’ai pas aimé l’ambiance de la fac alors j’ai voulu faire de la photo et une fois de plus je me suis laissée conseiller et suis allée en audiovisuel. Je n’arrivais jamais à dire non et aller contre l’avis de mon entourage !

Océane, témoignage boulimie

Mais l’année dernière, je me suis demandée ce que je faisais

POUR MOI dans ma vie !!

Par exemple, je rêvais de voyager. C’est ainsi qu’un week-end en Italie pour voir les orques a changé ma vie. J’ai enfin réalisé que je pouvais décider par moi-même !!! J’ai , plus tard, fait un énorme pas en avant en partant au pair en Angleterre. J’ai changé de cadre, de culture et rencontré des personnes très différentes. J’admets même désormais qu’inconsciemment j’avais envie et besoin de me détacher de ma famille.

En rentrant, je me suis rendue compte des effets que ce voyage avait eu sur moi. Il m’avait ouvert l’esprit et fait prendre du recul sur ma situation. D’ailleurs, là-bas que j’ai beaucoup écrit et j’ai débuté mon blog . J’ai également eu un déclic par rapport aux TCA mais je ne le comprenais pas encore bien.”

 

Son histoire avec la boulimie :

” En effet, il me semble que tu es revenue précipitamment d’Angleterre pour passer le confinement auprès de tes proches heureusement ! Ce voyage étant tout récent, tu nous spoiles un peu mais justement je trouve ça fantastique pour poursuivre. Tu dis donc avoir eu un déclic par rapport au TCA, sais-tu quand et comment ça avait commencé ?”

 

“J’ai des troubles alimentaires depuis mon 1er régime à l’âge de 12 ans ! Depuis le primaire, j’étais en léger surpoids par rapport à mes camarades car je mangeais souvent pour contenir mes émotions. J’ai une histoire familiale assez difficile. Puis, particulièrement, les moqueries et remarques, à l’école et par la famille, sur lephysique nous poussent dans le processus.

J’aime dire que l’on m’a donné un bâton et que mon corps, mon cerveau l’ont intériorisé et interprété.

Je subissais aussi souvent la comparaison à ma cousine du même âge qui était en sport études de danse. J’étais très jalouse et elle était un peu mon « idéal ».”

 

“Oui certaines personnes ne mesurent pas l’ampleur de leur dires. Cela m’a aussi beaucoup affecté et parfois je me demande si j’aurais été aussi loin (dans l’anorexie me concernant) s’il n’y avait pas eu cette pression familiale et sociale ! Sans oublier, comme tu le dis, la comparaison maladive aux autres. En outre, on nous apprend à nous comparer, comme si c’était normal ! Etant petite, je me comparais sans cesse à ma meilleure amie puis à toutes les femmes de mon entourage ! C’était si contraignant !

Bref, on te fait commencer un régime à 12 ans, la base … on t’apprenait juste à « manger équilibré » ? ou on essayait de comprendre pourquoi tu te réfugiais dans l’alimentation ?”

 

Jusqu’à maintenant je n’ai jamais aimé mon corps, j’aimais mes yeux et c’est tout. Avec ce régime personne ne s’inquiétait vraiment de savoir pourquoi je mangeais tant sauf maman. Malheureusement, son aide pourtant si précieuse ne faisait pas le poids fasse aux remarques et autres recommandations mal placées de tant de personnes.

Comme ce mal-être n’était pas résolu, la boulimie non plus. Entre mes pulsions et ce que l’on me disait de faire, j’ai longtemps alterné entre des phases de boulimie non vomitives en partie compensées par le sport et les phases de jeûne. Avec des phases allant de plusieurs jours à plusieurs mois chacune.

 

 

” De nombreuses jeunes filles fonctionnent malheureusement comme ça. Elles oscillent entre restrictions et pulsions. Comme physiquement ET psychologiquement, il est très difficile de tenir un régime drastique au long terme (et heureusement) alors on craque. C’est ainsi qu’après plusieurs années d’anorexie très restrictive, j’ai fini par faire plusieurs mois de boulimie non vomitive aussi fin 2018 début 2019. Finalement, ce fut bénéfique pour m’aider à reprendre du poids mais je ne me sentais pas bien jusqu’à ce que j’accepte ses crises de boulimie comme un passage obligé. Sincèrement, je mangeais des quantités faramineuses, d’aliments sucrés surtout. Presque tous les jours.

Et toi, comment se passait tes crises ? Personne n’en parle mais connaitre le processus pourrait aider certaines femmes à avoir le déclic je pense.”

 

” Les crises dont je me rappelle le plus sont celles de la fin collège/début lycée. En rentrant, quand j’étais seule, j’en profitais pour goûter. Comme nous étions un peu ronds, ma maman achetait rarement des sucreries / gâteaux / pâte à tartiner. Donc quand il y en avait je voulais en profiter (consciemment et inconsciemment) ! Au tout début je n’avais pas cette préférence pour le sucré mais c’était « diabolisé » à la maison, je m’en privais encore et encore jusqu’à ce que j’en vois et craque à l’excès.

 

Pour expliquer aussi cette alternance de phases de boulimie et de phases de restriction, j’ai aussi identifié qu’il y avait plusieurs étapes :

Je pensais « aujourd’hui je me prends en main » car je savais que je devais le faire et comment (avec les anciens rdv diét, les cures diététiques …). Je m’y attelais de suite et à l’extrême ! Donc restriction + sport intensif.

Je tenais 1-2 semaines. La perte de poids était présente mais pas assez rapide à mon goût.

Devant tous ses efforts « vains » je finissais par céder à un petit craquage … qui devenait finalement le déclencheur d’une grosse crise. Et puis foutu pour foutu … je tombais dans l’hyperphagie sur plusieurs jours voir semaines voir mois …

… Aussi longtemps que les regards et remarques et mon mal-être physique reprennent le dessus. Je recommençais alors à me restreindre … car pour moi, répondre aux critères des autres « c’était le prix pour être heureuse »”

 

“Super intéressant, merci ! J’approuve totalement le « petit craquage » qui en déclenche un énorme et la théorie du foutu pour foutu … Et donc comment es tu sortie de ce cercle infernal ?”

Comment sortir de la boulimie !!

 

“Tout à commencer en septembre 2018 lors d’un rdv gynécologique. Je ne m’étais pas pesée depuis longtemps et j’étais passée au-dessus des 80kg. Je redoutais ce chiffre depuis longtemps car à chaque fois que je perdais je reprenais plus ensuite.

En janvier 2019, j’ai déniché des « cahiers de motivation » pour arrêter le sucre / entamer un rééquilibrage alimentaire et je pensais encore que « cette fois c’est la bonne » !

 

Mais simultanément le body positive est arrivé sur mon feed insta car je suivais plus de compte de développement personnel. En effet je me sentais souvent triste et encore plus qu’avant et puis avec mon copain c’était compliqué.

Ainsi, j’ai découvert le compte de Elyane C ! Une vraie porte ouverte à l’amour de soi et enfin la découverte de l’alimentation intuitive ! J’ai alors complétement arrêté de me restreindre. Mais, il faut d’ailleurs faire une vraie thérapie en alimentation intuitive car ce n’est pas vraiment pas juste manger tout ce que l’on veut.”

 

“Assurément, si la personne n’est pas préparée elle va juste manger comme elle veut mais ne soignera pas l’hyper contrôle engendré par ses blessures internes (abandon, rejet par-dessus tout !). J’ai essayé au début des crises de boulimie car une dièt m’avait dit de juste laisser faire et de me laisser aller…”

clés guérison boulimie

 

Précisement, Il faut REéduquer le corps et l’esprit ! « RE » car malheureusement c’est l’éducation qui nous ôte la capacité à s’alimenter intuitivement.

On devient compulsif / restrictif à cause du rôle que l’on prête a l’alimentation (social, rassurant, et évidemment coupable de prise de poids  …).

Il faut réapprendre que manger est un processus vital et que le corps sait très bien quand il doit ou pas manger ! En revenant à l’écoute de ses sensations, petit à petit, on arrête de se forcer à manger parce qu’il est l’heure de manger et on cesse aussi de se restreindre, même si on a faim, après un plus gros repas etc !! Le corps sait !”

 

” Moi qui suit Elyane C sur Youtube depuis un bout de temps aussi, je répète à longueur de journée aussi d’apprendre à s’écouter ! Et j’accorde une importance capitale à la reconnexion à soi également. J’ai l’impression que c’est aussi un processus que tu as largement entamé ?”

S’ECOUTER ET SE RECONNECTER A SOI (encore une fois !)

 

“En fait, je faisais encore beaucoup de crise, fin 2018. J’ai repris du poids mais j’ai aussi commencé la pôle dance, ce que je souhaitais depuis longtemps. Cette pratique m’a montrée ce dont j’étais capable. J’ai reperdu du poids.

Par contre, je n’osais pas encore poser le mot boulimie sur mon mode de vie. Il correspondait pourtant à ce que je vivais que ce soit via l’alimentation ou le sport ! L’excès de sport me permettait de compenser évidemment mes excès alimentaires ! Je n’avais pas l’impression d’être boulimique puisque je ne prenais plus de poids, bien au contraire. Ainsi, le jour du gala de pole dance, je me suis blessée au genou, certainement un appel de mon corps, surmené.

Puis en 2019, comme je le disais j’ai composé avec la découverte du body positive et de l’alimentation intuitive et toujours un mal-être latent. Je suis revenue chez ma maman après un été à Oléron en stage et cela me renvoyait à la Océane ado qui faisait des crises et voulait maigrir !

 

C’est donc en janvier 2020 que j’ai pu partir en Angleterre. Cette expérience m’a permise de prendre du recul et de gagner en maturité !”

 

” Donc j’oserai dire que les prises en charge classiques ne t’ont pas du tout aidé à cerner ton vrai problème, à savoir la boulimie et non pas l’obésité.

C’est en entamant une démarche d’écoute et de reconnexion à toi que tu as commencé à sortir de la boulimie ?”

 

Complètement ! J’étais endormie dans mes problèmes et le corps médical y contribuait. On me disait obèse mais on ne voyait pas les TCA !!! On me proposait uniquement des cures amincissantes dans des centres pendant quelques semaines avec sport tous les jours. Au final, je reprenais une fois lâchée dans la nature !

En France, IMC > à 25 = obèse = maladie physique dangereuse = il faut perdre du poids à tout prix !

Les solutions ? Les régimes et la chirurgie bariatrique (bypass ou sleeve).

Alors que la cause et donc la solution se situent à l’intérieur ! Dans la tête !”

 

“Bon résumé !  Partant de là :

Quels seraient tes recommandations pour vraiment réussir à guérir de la boulimie ?”

 

Je tiens vraiment à rappeler que la guérison est difficile ! Même plus que la maladie ! Ouvrir les yeux est très douloureux !

Il faut vraiment réaliser que le corps N’EST PAS LE PROBLEME et avoir (eu) toutes ses douleurs pour ne pas replonger !! C’est en réalisant tout ce que l’on inflige à son corps mais que notre mal-être profond résiste et s’amplifie que l’on peut décider d’agir autrement !!

 

Ainsi, il faut bien se préparer pour sortir et être prêt.e à souffrir !

Il faudra TOUT DECONSTRUIRE et REAPPRENDRE.

Perdre son identité pour en recréer une autre.

C’est très éprouvant !

 

C’est un nouveau chemin de vie. Il faut s’ouvrir l’esprit, partir, se confronter à autre chose. Ce travail de déconstruction est le même que celui pour sortir de toute zone de confort et changer.”

 

” Je te suis complétement, Se libérer du poids et des énergies du passé en changeant d’environnement est un point crucial je trouve. Comme tu dis, le fait de te retrouver chez ta maman actuellement te renvoie au passé par exemple … Partir, changer, tourner la page est tout aussi bénéfique que laborieux de toute évidence. Et trouver du soutien est souvent délicat également ! Les proches ne sont ni prêts ni informés et la société nous impose ses diktats !”

Je sais que nous partageons cette envie de faire bouger les mentalités, as-tu envie de t’exprimer là-dessus ?”

” Oh oui j’en parle dès que possible. C’est important de déconstruire aussi à l’échelle de la société pour que le milieu médical ET les mentalités évoluent. Il faut en parler massivement et laisser les gens choisir ! D’ailleurs, ce sont principalement les femmes qui se jugent entre elles ! Elles sont constamment attaquées par l’injonction de la minceur et en ne s’acceptant pas elles-mêmes, elles trouvent cela d’autant plus usuel de juger les autres ! Nous ne devrions pas être en compétition !! Nous sommes jalouses les unes des autres à cause de cela !! On nous a inculqué cette jalousie ! Aidons nous, aimons nous ♥”

 

Je suis tellement d’accord, merci beaucoup Océane de ton partage d’expérience riche et sincère ! Et j’espère que tu as aimé lire cet article O combien novateur ! Suis les aventures de self love / féminisme de Océane sur instagram !

Océane, témoignage boulimie 2

Le mot de la faim/fin : 

J’aimerai beaucoup ajouter que désormais les médias et magazines féminins commencent à s’emparer du body positive pour le tourner à leur avantage !

Avec des punchlines du style « changer pour mieux vous accepter ».

Mais  nos corps sont aimables quels qu’ils soient !!

L’envie de changer doit être au 2nd plan, la priorité étant de s’accepter.

Ne pas s’empêcher de vivre des choses à cause d’un physique.

J’ai bien envie de finir sur un exemple typique et d’actualité : le « summer body ».

Evidemment si tu as envie de faire un peu plus de sport SI TU EN AS ENVIE ou vouloir manger + de fruits etc tu peux le faire, si tu as l’habitude prendre 2-3 kilos l’hiver et les perdre pour la plage TU AS LE DROIT ! L’essentiel étant que ce choix soit le tien et de ne pas en faire une fixation ! Et si tu n’en as pas envie c’est absolument merveilleux aussi !!

N’oublie pas qu’avec ou sans bourrelets / cellulite … tu as le droit d’aller sur la plage, mettre des shorts, bref de profiter !!

Bisous bisous et bon été !

D’ailleurs viens passer l’été avec des filles extraordinaires sur mon groupe facebook “mon été 2020 pour rayonner !”

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